Tourisme Noir

Le tourisme noir, pour le voyeur qui se cache en nous

C’est une forme de tourisme un peu particulière, parfois très controversée et qui séduit son lot de curieux voyageurs. Qu’il y a-t-il derrière ce nom pour le moins sombre, et en quoi consiste le tourisme noir ? On vous explique tout !

On l’appelle de différentes façons : le tourisme sombre, macabre, noir, de catastrophe ou encore de désastre. En anglais, on l’appelle le « disaster tourism » ou le « dark tourism ». Comme vous l’aviez peut-être déjà compris, il ne s’agit pas d’un tourisme ordinaire. Le tourisme noir consiste à visiter des lieux liés à des massacres, des accidents industriels ou des catastrophes naturelles. On peut aussi étendre la liste avec la visite de cimetières, de prisons, de champ de bataille ou de zones de guerre.

Vous trouvez ça peut-être scandaleux, mais quand y réfléchis bien, nous avons tous déjà été une fois dans un lieu comme ceux énoncés plus haut par devoir de mémoire ou par simple curiosité. Car oui, nous avons tous une part de curieux en nous, notamment lors d’événements tragiques. Il suffit de voir notre comportement au volant quand un accident se produit : nous ralentissons pour voir ce qu’il se passe, jusqu’à parfois former un bouchon de curiosité.

Décuplée par les médias, nous assouvissons cette curiosité et cette fascination pour les faits graves de manières différentes : en regardant les chaînes d’informations en boucle, en regardant des documentaires, en cherchant des photos sur internet ou bien en se rendant directement sur place.

Les lieux prisés des « voyageurs du désastre »

Prypiat (Ukraine)

C’est une destination très populaire auprès des adeptes du tourisme de désastre : la ville de Prypiat. Elle se trouve à 3km de la centrale nucléaire de Tchernobyl, là où s’est produit en 1986, l’un des accidents nucléaires les plus graves. Prypiat est depuis une ville fantôme, figée dans le temps.

Autos-tamponneuses à Prypiat

Parc d’attractions abandonné à Prypiat © Bert Kaufmann

Fukushima

Près de 7 an après le séisme et le tsunami qui a tout emporté sur son passage, le tourisme est devenu la principale activité dans les ruines radioactives de la ville de Fukushima.

Voitures laissées à l'abandon

Voitures laissées à l’abandon près de Fukushima © Arkadiusz Podniesinski

Auschwitz

Tristement célèbre, le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz est aussi très prisé des touristes. En 2016, plus de 2 millions de touristes s’y sont rendus.

L'entrée du camp de concentration d'Auschwitz

L’entrée du camp de concentration d’Auschwitz

Le tourisme noir, bien ou pas bien ?

Entre le tourisme sombre et le tourisme de mémoire, les frontières sont parfois floues. Comment savoir s’il s’agit de voyeurisme ou d’un réel intérêt pour l’histoire ? Les motivations du touriste ainsi que son comportement sur les lieux peuvent être une partie de la réponse. La visite de ces lieux est un vrai moment de recueillement ou de prise de conscience pour certains voyageurs, un moyen d’apprendre un bout de l’histoire et de ne pas oublier, mais pour d’autres, c’est surtout une belle opportunité pour remplir son appareil photo de clichés parfois morbides, de se mettre en scène ou pire : de griffonner son nom sur les murs de lieux chargés d’histoires souvent atroces.

L’autre aspect du tourisme noir qui dérange, c’est le business que font certaines agences spécialisées autour de ces événements tragiques (et sur le dos des populations meurtries) en organisant notamment, des visites payantes. Excédés par la curiosité malsaine des touristes, des habitants de Nouvelle-Orléans, ravagée par l’ouragan Katrina en 2005, ont écrit ces mots pour les visiteurs :

Panneau "Touristes, honte sur vous."

« Touristes, honte sur vous. Vous passez sans vous arrêter.
Vous payez pour voir ma douleur. 1.600 morts ici ».

À l’inverse, ce business « noir » a permis de relancer l’économie locale grâce, entre autres, à la création d’emplois et l’achat de produits touristiques. Le tourisme de désastre a aussi eu l’effet bénéfique de faire découvrir aux voyageurs des endroits jusque-là oubliés et qui n’étaient pas touristiques avant la catastrophe.

Et vous, vous en pensez quoi du tourisme noir ? L’avez-vous déjà pratiqué ? 

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2 commentaires
  • ILBOUDO
    Mai 23,2018 at 2018-05-23T12:51:34+00:000000003431201805

    Je que la population locale doit polariser son psychisme sur Les effets bénéfiques de ce courant de tourisme. S appitoyer sur le sort des regretté n esr forcément une bonne solution

  • ILBOUDO
    Mai 23,2018 at 2018-05-23T12:21:40+00:000000004031201805

    Quoi qu’on dise le tourisme est bénéfique. Seulement, il doit chaque fois être repensé réformé, bien géré

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